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  • Comment aborder le sujet des agressions sexuelles avec vos enfants


    SOCIÉTÉ- Le 16 janvier 2018, le monde découvrait les témoignages éprouvants de 169 femmes et de leurs familles, dont les vies avaient été bouleversées par les agressions sexuelles perpétrés par Larry Nassar, l’ex-entraîneur de gymnastique de l’Université d’Etat du Michigan.

    Des affaires comme celle-ci ne font qu’accroître le souci des parents et des tuteurs de protéger leurs enfants d’une horreur qui n’est hélas que trop fréquente.

    Les agressions sexuelles sur mineur sont un sujet effrayant, mais qu’il est nécessaire d’aborder avec les enfants. Heureusement, il existe des moyens adaptés à chaque tranche d’âge pour évoquer les concepts qui les aideront à rester en sécurité et les inciter à en parler si leurs limites personnelles ne sont pas respectées.

    Le HuffPost a interrogé des éducateurs sexuels pour savoir comment évoquer le sujet avec les enfants, de leur plus jeune âge jusqu’à l’adolescence, et comment identifier les situations préoccupantes et y faire face le cas échéant.

    Commencez par établir les principes d’autonomie corporelle, d’intimité, etc.

    Les parents peuvent poser des jalons pour apprendre à leurs enfants à éviter les situations d’agressions sexuelles dès la petite enfance, explique l’éducatrice sexuelle Melissa Carnagey. Désigner les parties génitales par leur véritable nom au lieu d’utiliser de mignons petits surnoms leur apprend à s’exprimer clairement sur eux-mêmes et sur leur corps.

    “Ainsi, les parents créent un environnement ouvert et libéré de tout sentiment de honte concernant les questions relatives au corps”, ajoute-t-elle. “Par la suite, à mesure que l’enfant grandit, ils peuvent l’aider à comprendre les notions de limites corporelles et de consentement, en l’écoutant lorsqu’il dit ‘non’ ou ‘arrête’, et l’importance de respecter les limites des autres.”

    “Les conversations préventives avec les jeunes enfants sur la question des agressions sexuelles ne sont généralement pas centrées sur ce sujet”, précise la professeure d’éducation sexuelle Kim Cavill, qui encourage les parents à leur enseigner les vrais noms des parties du corps, évoquer avec eux les concepts d’autonomie corporelle, d’intimité, d’espace privé, leur apprendre à dire “non” et leur expliquer la différence entre un secret et une surprise.

    “L’autonomie corporelle signifie que chaque personne est maîtresse de son corps et libre de décider ce qu’elle en fait, du moment qu’elle ne l’utilise pas pour faire du mal à autrui ou à elle-même”, indique la spécialiste. ”Évoquer l’intimité corporelle, c’est d’abord apprendre aux enfants que certaines parties de leurs corps sont privées et que les autres ne doivent pas les voir ni les toucher. Les médecins devraient toujours demander la permission avant d’examiner les parties intimes, et le faire en présence d’un adulte de confiance.”

    La notion d’“espace privé” fait partie des normes sociales à enseigner à l’enfant: comment se mettre en maillot de bain à la piscine, comment se comporter dans les toilettes publiques, comment changer de vêtements à l’école, etc.

    Apprendre aux enfants à dire “non” est également essentiel

    “Les enfants n’osent pas toujours dire ‘non’, surtout aux adultes, parce qu’on leur demande souvent d’être obéissants”, rappelle-t-elle. “Il faut leur expliquer clairement comment établir des limites personnelles et les encourager lorsqu’ils le font, même si cela nous met dans une situation inconfortable, comme quand ils refusent de faire un câlin à quelqu’un qui leur offre un cadeau d’anniversaire, par exemple.”

    Encouragez-les à parler de ce qu’ils ressentent

    “Quand les enfants savent nommer leurs émotions et les reconnaître chez les autres, cela leur donne la capacité d’exprimer leurs besoins, de ressentir de la compassion pour autrui et d’écouter les signaux qu’ils reçoivent de leur corps, surtout quand quelque chose ou quelqu’un les met mal à l’aise”, reprend Melissa Carnagey.

    “Il est important de parler de ce qui est agréable ou désagréable au quotidien”, recommande l’éducatrice sexuelle Lydia Bowers. “Avec des phrases comme ‘J’aime bien quand tu me fais un câlin, ça me réchauffe à l’intérieur’ ou ‘Je n’ai pas aimé quand il a pris ma poupée, ça m’a mis(e) en colère’, les enfants acquièrent le vocabulaire nécessaire pour décrire leurs sentiments, ce qui permet de savoir s’ils se sentent en danger, effrayés ou inquiets.

    Quand les enfants savent nommer leurs émotions et en reconnaître les signes chez les autres, cela leur donne la capacité d’exprimer leurs besoins, de ressentir de la compassion pour autrui et d’écouter les signaux qu’ils reçoivent de leur corps.Melissa Carnagey, éducatrice sexuelle

    Il est très utile d’apprendre à l’enfant à reconnaître des sentiments comme la peur, l’anxiété, la confusion, la tristesse et l’inconfort, et les adultes doivent s’efforcer de ne pas ignorer ou minimiser ces émotions lorsqu’il les exprime.

    Les parents peuvent aussi lui expliquer que son corps peut lui envoyer des signaux d’alerte en lien avec ses émotions (comme les mains moites, l’envie de pleurer ou le besoin soudain d’uriner) et qu’il est important de les écouter.

    Expliquez-leur quelles parties du corps on a “le droit” et “pas le droit” de toucher

    Les éducateurs sexuels considèrent en général qu’il vaut mieux parler de ce qu’on a “le droit” ou “pas le droit” de faire plutôt que de ce qui est “bien” ou “pas bien”. Il semble facile de dire à un enfant que si quelqu’un le touche au niveau des parties intimes, ce n’est “pas bien” mais, parfois, des réactions physiologiques rendent ce contact agréable, ce qui peut le troubler.

    Parler de ce qu’on n’a “pas le droit” de faire permet aussi de prendre en compte certains contacts physiques qui peuvent être “bien” dans d’autres contextes. “Les câlins, c’est ‘bien’, mais si quelqu’un vous fait un câlin alors que vous ne le voulez pas, il n’en a ‘pas le droit’”, précise Lydia Bowers.

    “Les gens ont parfois l’air d’être des gens ‘bien’ mais ils font des choses qu’ils n’ont pas le droit de faire”, ajoute Melissa Carnagey. “Il est donc préférable d’utiliser les termes ‘avoir le droit’ et ‘ne pas avoir le droit’ et, avant tout, apprendre à l’enfant à reconnaître une situation dangereuse.”

    Ne vous focalisez pas sur les inconnus

    “Autrefois, on apprenait aux enfants à se méfier des inconnus, mais l’affaire Nassar montre bien les limites de ce genre d’avertissement”, fait-elle remarquer. “Le plus souvent, l’agresseur est une personne que l’enfant connaît ou avec qui il a un lien quelconque, il vaut donc mieux parler de gens à qui l’enfant peut ou ne peut pas faire confiance.”

    Cette approche incite les parents à aider l’enfant à reconnaître les comportements dignes de confiance ou non.

    “Les gens à qui on peut faire confiance sont ceux qui disent la vérité, respectent ce qui est privé, ne demandent pas aux enfants de garder des secrets, demandent de l’aide aux adultes (et non aux enfants), donnent à l’enfant un sentiment de sécurité plutôt que de malaise ou de peur, suivent les règles établies par la famille et rappellent à l’enfant de demander la permission à ses parents avant de faire quelque chose”, résume Kim Cavill, qui a créé un podcast et une feuille de route pour aider les parents à parler de ce sujet à leurs enfants. “Les gens à qui on ne peut pas faire confiance ne font pas ça, ou font même tout le contraire.”

    Dites bien à vos enfants qu’ils peuvent venir vous parler quand ils veulent

    Les parents doivent absolument “laisser la porte ouverte à la discussion”, insiste la spécialiste. “Vos enfants ne viendront vous parler que si cette porte est ouverte en permanence”. Les parents peuvent créer un environnement favorable en acceptant toujours de répondre aux questions de leurs enfants sur la sexualité et les relations et de parler librement de ces sujets.

    Bien souvent, les actes sont plus parlant que les mots. La phrase “tu peux tout me dire” perd son sens si les parents réagissent aux questions de l’enfant, ou à ce qu’il leur raconte en tout honnêteté, en le punissant, en se montrant agressifs ou hyperémotifs, ou encore en ignorant ou minimisant l’importance de ses paroles. Les parents doivent contrôler leurs réactions verbales et non-verbales, même lorsque la conversation est difficile, sinon l’enfant n’osera plus venir leur parler. 

    La phrase “tu peux tout me dire” perd son sens si les parents réagissent aux questions de l’enfant, ou à ce qu’il leur raconte en tout honnêteté, en le punissant, en se montrant agressifs ou hyperémotifs, ou en l’ignorant.

    “Si un enfant vient vous raconter qu’il a été victime d’agression, il est important de toujours le placer au centre de la conversation, et non son agresseur ou notre réaction à ses révélations”, recommande Kim Cavill. ”Ça peut être très difficile, mais c’est important, parce que réagir aux révélations d’agressions sexuelles avec colère, dégoût, honte, ou déni revient à trahir la confiance de l’enfant, le décourage d’aborder à nouveau le sujet, et le rend encore plus vulnérable.”

    “La première fois que j’ai été victime d’agressions sexuelles, j’avais 9 ans. J’en ai parlé, mais je me suis trouvée confrontée au déni de ma famille, qui a étouffé l’affaire”, continue la spécialiste. “Les agressions ont continué, mais je l’ai gardé pour moi parce que je m’attendais à ce que l’on protège mon agresseur plutôt que moi. Cela m’a donné l’impression de mériter ce qui m’arrivait.”

    Identifiez les adultes dignes de confiance

    À mesure que les enfants grandissent, les parents devraient les aider à identifier les adultes de leur entourage auxquels ils peuvent faire confiance, par exemple d’autres membres de leur famille, des enseignants ou leur conseiller d’éducation.

    “Au lieu de coller l’étiquette ‘adulte de confiance’ sur des gens de son entourage, demandez plutôt à l’enfant: ‘À qui penses-tu pouvoir faire confiance en cas de problème?’ ou: ‘À qui irais-tu en parler si tu n’allais pas bien ou que tu avais besoin d’aide?’”, conseille Melissa Carnagey.

    “L’idéal est d’identifier plusieurs personnes pour s’assurer que l’enfant dispose de tout le soutien nécessaire”, ajoute-t-elle. Les agresseurs étant parfois vus comme des adultes de confiance (comme l’était Larry Nassar pour beaucoup de familles), il est donc utile pour les enfants d’avoir plus d’une personne vers qui se tourner.

    Ce réseau de soutien permet aussi aux parents d’alléger leur propre fardeau. Tout comme les enfants ont besoin de savoir qu’ils peuvent parler en tout honnêteté de leurs expériences sans risquer une punition, les parents doivent eux aussi être honnêtes. En admettant par exemple qu’ils se sentent vulnérables, qu’ils ont commis une erreur, qu’ils n’ont pas réponse à tout et qu’ils ont besoin d’aide.

    Dites-leur clairement que ce n’est jamais leur faute

    Les enfants ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas responsables des adultes de leur entourage, y compris de leurs parents.

    “Les enfants sont dépendants des adultes à des degrés divers. De ce fait, ils se sentent parfois responsables des sentiments et comportements de ceux qui les entourent, surtout ceux qui sont en position d’autorité par rapport à eux et ceux auxquels ils tiennent le plus”, indique Kim Cavill. “Malheureusement, la plupart des agressions sexuelles sont commis par des personnes de connaissance et le mouvement #MeToo prouve à quel point il est fréquent pour les personnes en position de pouvoir d’abuser de ceux qui sont placés sous leur autorité.”

    La spécialiste assure qu’elle répète régulièrement à ses jeunes enfants qu’ils ne sont responsables que d’eux-mêmes, et non des gens qui les entourent: “Les sentiments de maman, c’est à maman de s’en occuper. Tu n’as pas à t’en charger, tu n’en es pas responsable.”

    “Les sentiments de maman, c’est à maman de s’en occuper. Tu n’as pas à t’en charger, tu n’en es pas responsable.”Kim Cavill, professeure d’éducation sexuelle

    Quand les enfants sont plus âgés, les parents peuvent parler plus en détail de ce sujet en prenant des exemples de relations équilibrées et toxiques, et des attentes familiales en matière de comportement dans une relation amoureuse.

    Tout comme il est essentiel de faire comprendre aux enfants que ce n’est pas leur faute s’ils ont subi des agressions, il est nécessaire de leur apprendre à respecter les limites et le consentement des autres.

    Il est “courant pour les jeunes enfants d’expérimenter en touchant des enfants du même âge de façon parfois déplacée”, explique Melissa Carnagey. “Si cela se produit, et si l’enfant se sent libre d’en parler sans craindre une punition, il sera beaucoup plus facile de corriger son comportement en lui expliquant comment interagir avec les autres de façon appropriée.”

    Prêtez attention aux signaux d’alerte

    Les parents connaissent le comportement habituel de leurs enfants. Ils sont donc en mesure de repérer les changements qui peuvent indiquer un problème.

    “J’insiste sur le fait qu’il n’y a pas de seuil d’alerte minimum pour consulter un thérapeute” ou appeler le 119 (SOS Enfance en danger). “Au moindre doute, demandez de l’aide”, conseille Kim Cavill. “Cela dit, certains signes doivent vous interpeller: par exemple, si l’enfant a des connaissances en matière de sexualité ou un comportement sexuel inhabituels, recommence à faire pipi au lit, refuse de se changer ou de se déshabiller, redoute de rester seul ou de s’éloigner de ses parents, et manifeste de l’anxiété.”

    De nombreux sites, comme celui de l’AVPE (Association de Protection de l’Enfance), recensent ces signaux d’alerte qui peuvent aider à déterminer si un enfant est victime d’agressions sexuelles ou se trouve en danger de l’être. Ces indicateurs peuvent être physiques (hématomes inexpliqués, saignements ou irritation au niveau des parties génitales, par exemple), comportementaux ou émotionnels, comme ceux qu’évoque Kim Cavill.

    En grandissant, les enfants interagissent de plus en plus avec autrui sans que leurs parents soient présents, à l’école, lors de leurs activités extrascolaires et chez leurs amis. Mélissa Carnagey encourage les parents à prendre un moment chaque jour pour discuter avec eux sans risquer d’être interrompus et se tenir ainsi au courant de ce qu’ils vivent et ressentent.

    “C’est très efficace pour repérer des changements d’humeur ou de comportement qui pourraient résulter d’expériences traumatisantes”, explique-t-elle. “Garder du temps pour parler de façon ouverte et sans jugement de tous les sujets peut inciter l’enfant à informer un adulte de confiance si quelque chose de déstabilisant se produit dans son univers.”

    Sachez quoi faire si quelque chose se produit

    Si un enfant vous informe qu’il est victime d’agression, il est crucial de lui dire que vous le croyez, qu’il a bien fait de venir vous trouver, qu’il ne va pas se faire gronder et que ce qui est arrivé n’est pas sa faute. Réagir avec amour, compassion et acceptation est très important.

    “L’enfant pense souvent qu’il a provoqué les agressions, et l’agresseur lui en fait parfois porter la responsabilité”, précise Lydia Bowers. “Rassurez l’enfant sur ce point et rappelez-lui qu’il est aimé et en sécurité.”

    Si un enfant vous informe qu’il est victime d’agression, il est crucial de lui dire que vous le croyez, qu’il a bien fait de venir vous trouver, qu’il ne va pas se faire gronder et que ce qui est arrivé n’est pas sa faute.

    Il existe de nombreuses ressources pour aider les enfants survivants et les adultes de confiance à qui ils se confient. Le 119 SOS Enfance en danger est une ligne d’urgence pour signaler les cas d’agression ou de maltraitance. D’autres organisations comme l’AVPE ou la Fondation pour l’Enfance peuvent vous offrir des conseils sur la façon de gérer la situation. Kim Cavill invite à appeler un numéro d’urgence si l’on soupçonne qu’un enfant court un danger imminent.

    “Communiquer en tout honnêteté est essentiel pour conserver la confiance de l’enfant après la révélation initiale, ce qui signifie le prévenir que vous allez devoir partager cette information avec d’autres adultes dont le métier est de le protéger, comme un professionnel de santé si un examen médical est nécessaire, un officier de police, un thérapeute, etc.” explique Melissa Carnagey. “Ecouter l’enfant sans émettre de jugement ni réagir violemment l’aidera à se sentir plus à l’aise pour évoquer le sujet.”

    La spécialiste recommande également aux parents et aux éducateurs de demander eux-mêmes l’aide de professionnels, car ces révélations peuvent susciter des émotions difficiles à gérer, voire réveiller d’anciens traumatismes. Le risque est alors de se replier sur soi, de s’isoler et de se laisser envahir par un sentiment de honte ou d’échec.

    “Les parents doivent garder à l’esprit que ce qu’une autre personne a fait à leur enfant est de la responsabilité de cette personne et non pas leur faute à eux”, rappelle-t-elle. “Un enfant qui a subi des agressions n’est pas irrémédiablement ‘brisé‘. Avec le soutien adéquat, l’enfant et sa famille peuvent tout à fait surmonter cette épreuve et s’épanouir.”

    Un an après: Larry Nassar et les femmes qui nous ont ouvert les yeux est une série de sept articles qui commémore les sept jours durant lesquels des femmes sont allées témoigner à la barre du tribunal de Lansing dans le Michigan, sous l’autorité de la Juge Rosemarie Aquilina, et ont lu à leur agresseur, Larry Nassar, ex-entraîneur de gymnastique de l’Université d’Etat du Michigan, des témoignages bouleversants sur l’impact des agressions sexuelles qu’il leur a fait subir. Cette série d’articles rend hommage à celles et ceux qui ont aidé à le faire condamner, et à celles qu’il a si longtemps fait souffrir.

    Cet article, publié sur le HuffPost américain, a été traduit par Iris Le Guinio pour Fast ForWord.




  • Quand le roi Mohammed VI offrait son selham à la reine Letizia à l'issue du dîner royal


    BUZZ - Si la visite royale à Rabat du roi et de la reine d’Espagne aura été particulièrement suivie et commentée, c’est une anecdote qui attire depuis le retour des souverains l’attention de la presse espagnole. 

    Divers médias ibériques et l’agence de presse EFE soulignent ainsi le geste plein d’attention du roi Mohammed VI, qui a offert son selham blanc à la reine Letizia, prise de froid à l’issue du dîner royal donné mercredi soir en l’honneur des monarques espagnols. 

    Sur les photos prises avant le dîner, on peut remarquer que le roi est vêtu d’un selham blanc et que la reine Letizia porte une sublime robe blanche d’inspiration caftan:

    À l’issue du dîner, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, la reine porte le selham blanc au-dessus de sa robe, tandis que le souverain marocain ne porte plus que sa jellaba de couleur beige:

    “Le selham est considéré comme une pièce emblématique de l’habillement traditionnel marocain et un symbole d’élégance: il est fabriqué avec des tissus nobles et a fait son grand retour ces dernières années, alors qu’il était porté par le monarque Mohammed VI et le prince héritier Moulay Hassan lors de plusieurs cérémonies internationales”.

    Le selham porté en fin de soirée par la reine Letizia a en tout cas fait son effet, tant auprès de la presse ibérique qui salue dans le cadeau du souverain marocain un geste élégant, que de la presse people, dont Paris Match qui a trouvé la reine Letizia “sublime la veille au soir dans sa robe et son manteau Felipe Varela”... bien que seule la robe est en réalité signée par le créateur espagnol.




  • Salé: Deux personnes suspectées de trafic de cocaïne arrêtées


    DROGUE - La brigade de la police judiciaire de Salé a arrêté, samedi après-midi, en coordination avec les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), deux personnes pour leur implication présumée dans une affaire de trafic de cocaïne, indique un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) relayé par la MAP.

    Âgés de 35 et 39 ans, les deux suspects, venaient de Nador et se dirigeaient vers Casablanca. Ils ont été appréhendés à bord d’un véhicule de location au niveau de la gare de péage Sidi Allal Bahraoui, précise le communiqué, notant que les opérations de fouille ont permis de trouver en possession des mis en cause un kilogramme de cocaïne fortement dosée selon l’expertise scientifique réalisée sur des échantillons de la drogue.

    Les deux suspects ont été placés en garde à vue à la disposition de l’enquête menée sous la supervision du parquet compétent, tandis que les enquêtes et investigations se poursuivent afin d’arrêter leurs éventuels complices et de déterminer les liens possibles des mis en cause avec des réseaux criminels s’activant dans le trafic de drogues et de psychotropes, conclut la même source.




  • Ceuta et Melilla veulent refouler au Maroc tout mineur ayant migré "pour raisons économiques"


    MIGRATION - Le gouvernement de Ceuta, présidé par Juan Vivas (PP), va présenter ce mois une proposition d’initiative législative visant à inclure dans la loi sur la protection de l’enfance une disposition supplémentaire relative aux Mineurs étrangers non accompagnés, permettant aux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla de refouler au Maroc tout migrant mineur étant parvenu dans ces territoires pour “raisons économiques”, rapporte Europa Press qui précise avoir consulté le détail de cette proposition.

    Invoquant le souci “de protéger au mieux les intérêts de ces mineurs et dans le but de leur intégration et de leur développement dans le noyau familial d’origine dans leur environnement socioculturel”, la disposition, si elle est adoptée,  s’appliquera aussi bien aux ressortissants marocains qu’étrangers, poursuit l’agence de presse espagnole, ajoutant que “l’administration générale de l’État est tenue “si elle ne peut pas les renvoyer, à les transférer dans la péninsule dans un délai maximal de trois mois”.

    Si le retour de ces mineurs dans leur pays d’origine, dans leurs familles ou à défaut au sein de services de protection dédiés, n’est pas effectué dans les trois mois, “ils seront nécessairement transférés dans des centres d’accueil d’autres parties du territoire national”, souligne Europa Press. 

    Selon l’ONG Save the children, 6404 migrants mineurs non accompagnés (MMNA) sont arrivés en 2017 en Espagne, soit presque le double de l’année 2016 où ils étaient 3997. En 2017, au moins 60% de ces mineurs étaient de nationalité marocaine.  

    La pression migratoire est particulièrement forte à Ceuta, où le nombre de mineurs marocains non accompagnés a explosé de 316% en un an, passant de 802 jeunes en 2017 à 3.344 jeunes en 2018.

    Clôturées par des barbelés, les enclaves espagnoles de Sebta ou Melilla ne sont qu’une étape pour ces jeunes migrants qui espèrent rejoindre clandestinement l’Europe en se cachant dans des bateaux. Les mineurs étrangers non accompagnés pouvaient jusqu’alors compter sur la législation européenne qui permet aux moins de 18 ans de ne pas être redirigés vers des centres d’expulsion. 




  • Un ressortissant syrien inculpé en France pour crimes contre l'humanité


    INTERNATIONAL - Un ressortissant syrien arrêté mardi dernier, en France, et placée en garde à vue ce vendredi, a été mis en examen et écroué pour “complicité de crimes contre l’humanité”, révèle l’AFP citant des sources judiciaires. “Une première en France dans la traque des responsables d’exactions attribuées au régime de Bachar Al-Assad”, souligne l’agence de presse. 

    Arrêté dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte en janvier 2018 pour “actes de torture, crimes contre l’humanité et complicité de ces crimes”, Abdulhamid A. est notamment soupçonné d’avoir participé à des exactions commises contre les populations civiles entre 2011 et 2013, alors qu’il était membre des services de renseignement, ont précisé les mêmes sources. 

    Depuis janvier 2018, les investigations ayant conduit à ce suspect étaient menées par le pôle “crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre” du parquet de Paris, dans le cadre d’une équipe d’enquête commune avec l’Allemagne. Deux autres Syriens avaient été arrêtés le même jour en Allemagne, dans le cadre de la même équipe.

    Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), au moins 60.000 personnes sont mortes sous la torture ou à cause des terribles conditions de détention dans les prisons en Syrie. 

    La commission d’enquête de l’ONU a accusé maintes fois les parties en conflit de commettre des crimes de guerre, et, dans certains cas, des crimes contre l’humanité, rappellent à ce propos des médias.




  • Syrie: la victoire sur l’EI sera annoncée “dans quelques jours”, selon l'alliance arabo-kurde


    SYRIE - La victoire sur le groupe Etat islamique (EI) en Syrie sera annoncée “dans quelques jours”, a indiqué samedi un commandant de l’alliance arabo-kurde qui mène les combats dans l’est de la Syrie avec le soutien des Etats-Unis. 

    “Dans un laps de temps très court, qui ne durera pas plus que quelques jours, nous annoncerons officiellement la fin de l’existence de l’EI”, a fait savoir le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), Jia Furat, lors d’une conférence de presse à la base d’Al-Omar, précisant que les terroristes sont désormais assiégés sur un réduit d’un demi-km2, dans le village de Baghouz.

    “L’EI est assiégé dans un quartier (dont la surface) est estimée à 700 mètres de long sur 700 mètres de large”, a ajouté M. Furat.

    L’offensive contre l’EI a été ralentie en raison de la présence de “nombreux civils à l’intérieur” du réduit que les terroristes continuent de défendre avec acharnement, avait indiqué plus tôt un porte-parole des FDS Adnane Afrine, ajoutant avoir été “surpris de voir des civils émerger des tunnels et de souterrains creusés par l’EI”. 

    Vendredi, le président américain Donald Trump avait indiqué qu’une annonce sur le “califat” de l’EI serait faite dans les 24 heures.

     



  • À Paris, une conférence sur la liberté de la presse au Maroc brutalement interrompue


    LIBERTÉ D’EXPRESSION - Organisée à Paris à l’initiative de l’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (Asdhom), une conférence pour la liberté de la presse au Maroc a été brutalement interrompue ce vendredi 15 février. 

    Accueillie au Maltais rouge, ancien local du PSU français et aujourd’hui espace d’accueil, de débats et de documentation situé dans le 11ème arrondissement de Paris, la conférence invitait Khadija Ryadi, ancienne présidente de l’AMDH au Maroc, Hicham Mansouri, journaliste condamné, poursuivi avec d’autres confrères marocains et exilé en France, et Hassane Zerrouky, journaliste à l’Humanité, à prendre la parole. 

    Au bout d’environ une demi-heure, la conférence sera brutalement interrompue par ce que les organisateurs et les personnes présentes, dont Rosa Moussaoui qui rapporte l’incident ce samedi dans un article de L’Humanité, désignent comme étant des “des fauteurs de troubles liés au services marocains”.

    Ces derniers, une quinzaine selon L’Humanité, interviennent d’abord oralement, arguant que le Maroc “n’est pas une dictature”, avant de passer à l’intimidation et aux insultes, rapportent les témoins, qui évoquent par ailleurs une chaise jetée à travers la salle et visant un participant, mais aussi une coupure d’électricité et un jet de boules puantes dans la salle pour pousser les participants à quitter la salle et couper court à la conférence.

    Une vidéo publiée par Fatiha Aarour, de l’Asdhom, et partagée sur Facebook rend compte de la scène et partagent les témoignages des témoins:

    “Cette opération de sabotage a été minutieusement préparée, puisque des individus se présentant comme des organisateurs de la conférence ont procédé à des repérages à l’intérieur de la salle et à ses abords plusieurs jours auparavant”, rapporte L’Humanité. “Au Maroc, où s’abat sur les acteurs des mouvements sociaux et sur les défenseurs des droits humains une répression digne des années de plomb, 14 journalistes sont emprisonnés”, conclut le journal français.

     

     




  • La vie sexuelle après la naissance de bébé: tout ce que les nouveaux parents doivent savoir


    SEXUALITÉ- La vie sexuelle après l’arrivée de bébé, c’est un peu la spécialité d’Adrian Kulp, spécialiste en parentalité, auteur de “We’re Pregnant: The First-Time Dad’s Pregnancy Handbook” et père de quatre enfants. Sa femme a allaité chacun d’eux pendant 26 mois à la suite de ses grossesses.

    “Concrètement, cela signifie que nous dormions avec un berceau co-dodo à côté du lit, voire, très souvent, avec le bébé entre nous”, se souvient-il. “Notre quatrième étant né il y a bientôt de neuf mois, cela fait au moins un tiers des dix dernières années que notre vie sexuelle est... plus calme.”

    Mais “calme” ne veut pas dire inexistante. La vie de famille aurait pu prendre le pas sur la vie sexuelle du couple, mais son épouse et lui ont refusé de se résigner à un mariage où la sexualité n’aurait pas sa place.

    “Après la naissance d’un bébé, le sexe et la relation de couple peuvent devenir extrêmement compliqués”, explique-t-il. “Pourtant, même si les rapports sexuels sont moins frénétiques ou moins désinhibés, ils sont toujours source de plaisir.”

    Que doivent faire les nouveaux parents pour s’adapter à cette situation et maintenir une vie sexuelle satisfaisante? Après tout, techniquement, les rapports sont vivement déconseillés tant que votre médecin ne vous a pas donné son accord, c’est-à-dire environ six semaines après l’accouchement.

    À quoi ressemble la vie sexuelle après bébé? Adrian Kulp et d’autres experts partagent leur expérience.

    Physiquement, il vous faudra un certain temps pour vous habituer

    Les rapports sexuels sont toujours meilleurs lorsqu’on est bien dans sa peau et à l’écoute de son corps. Or il est probable que celui-ci ait beaucoup changé après l’accouchement. Peut-être avez-vous gardé des cicatrices suite à la césarienne, des petits bourrelets dont vous aimeriez bien vous débarrasser, ou peut-être souffrez-vous de seins un peu trop sensibles, de fuites urinaires et autres joyeusetés (qui ne s’est pas déjà fait pipi dessus en éternuant un peu trop fort?).

    Que vous ne soyez pas très à l’aise avec votre nouvelle apparence ou, au contraire, que vous vous acceptiez telle que vous êtes, essayez de vous rappeler d’aimer votre corps.

    Et s’il y a bien quelqu’un qui devrait aussi savoir l’apprécier, c’est votre partenaire. C’est le moment de rappeler à votre compagne que son corps vous fait toujours autant d’effet, souligne Emily Cook, thérapeute familiale et conjugale à Washington, et auteure de “The Marriage Counselling Workbook”.

    “Apprendre à connaître son nouveau corps (et à l’aimer et l’apprécier à sa juste valeur!) après l’accouchement est une tâche importante qui revient aux deux partenaires”, explique-t-elle. “Explorez ce nouveau territoire. Y a-t-il de nouvelles zones érogènes à découvrir? Certaines parties du corps sont-elles défendues pendant un certain temps? Quels gestes donnent désormais du plaisir et lesquels sont désagréables? Se montrer doux l’un envers l’autre est essentiel.” 

    CAVAN IMAGES VIA GETTY IMAGES
    Vous n’avez jamais fixé vos prochains rapports sexuels dans votre agenda? Il serait peut-être temps d’essayer!

    Il est essentiel de planifier vos moments d’intimité

    Vous n’arrivez jamais à trouver un créneau pour faire l’amour? Ça ne va pas vous paraître très sexy, mais pourquoi ne pas essayer de planifier un rappel sur votre agenda? Sans cela, vous pourriez vous exposer à des jours, des semaines, voire des mois sans sexe, estime Amy Nobile, coauteur de “I’d Trade My Husband for a Housekeeper: Loving Your Marriage After the Baby Carriage”.

    “Après mes deux grossesses, j’ai découvert l’importance de planifier mes prochains rapports sexuels puis de m’y tenir”, explique-t-elle au HuffPost. “Si vous êtes du genre à faire l’amour le matin, faites-en votre priorité dès le début de la journée, ne serait-ce qu’une ou deux fois par semaine. Envisagez aussi de vous offrir une nuit à deux hors du domicile familial (dans un hôtel près de chez vous, par exemple) et préparez-vous à redécouvrir la personne qui vit sous le même toit que vous” (on ne plaisante pas: faire l’amour à l’hôtel peut réellement transformer votre relation de couple, ne passez pas à côté!).

    Votre conception de l’intimité évolue

    Rappelez-vous: durant les rapports sexuels, la pénétration n’est pas une fin en soi. Même si votre partenaire est encore trop sensible ou qu’elle ne souhaite simplement pas de rapport avec pénétration, il y a plein d’alternatives, sexuellement parlant.

    Échangez des caresses à tour de rôle en vous concentrant sur les sensations que cela éveille puis, peu à peu, touchez-vous en même temps, jusqu’à passer à l’acte, mais seulement si vous en avez tous les deux vraiment envie.

    L’idée est d’échanger des caresses sans attente particulière: toucher pour le plaisir, pour se rapprocher, pour mieux se découvrir, et non pas pour conclure coûte que coûte par la pénétration, explique Erin Martinez-Gilliard, sexologue à Dearborn, dans l’État du Michigan. “Câlins, baisers, préliminaires... Tous peuvent mener à autre chose le moment venu”, poursuit-elle. “Votre femme peut vous dire: ˈOui, j’ai envie d’être proche de toi, mais je veux garder mes vêtements pendant qu’on se câlineˈ. Dans ce cas, soyez à l’écoute et agissez en conséquence. Ce simple changement de réaction peut amener plus de transparence dans votre relation et dans les attentes de chacun en matière d’intimité. Communiquer diminue aussi le risque de rejet ou de rancœur.”

    L’allaitement peut rendre les préliminaires... intéressants

    Si vous ou votre partenaire allaitez, préparez-vous à connaître des préliminaires bien différents. Pas évident en effet, de passer de l’allaitement d’un petit être humain aux caresses empressées d’un homme ou d’une femme. Cela va sans dire, allez-y doucement avec votre bien-aimée qui allaite.

    “Entre l’allaitement de notre fille et les moments intimes de notre couple, où je pouvais moi aussi être amené à... profiter de sa poitrine, ça n’était pas toujours facile pour ma femme de faire la transition”, nous dit Adrian Kulp. “Bien sûr, il faut du temps pour apprendre à connaître ces nouvelles limites ou situations dans lesquelles votre partenaire ne se sent pas à l’aise, mais cela ne dure pas éternellement. Nous avons juste dû nous adapter, le temps qu’elle allaite nos enfants. Rien de bien compliqué.”

    LAYLABIRD VIA GETTY IMAGES
    Il va falloir revoir quelque peu votre conception des rapports sexuels après l’arrivée du bébé.

    Choisissez le bon moment pour parler de vos attentes en matière de sexe

    L’arrivée d’un bébé dans la vie du couple s’accompagne souvent d’une fatigue généralisée et invasive qui génère à son tour des disputes et des conflits dans la relation, même chez les plus heureux en ménage. Cela ne présage rien de bon pour votre vie sexuelle. Si tout ce ne passe pas que vous le voudriez sous la couette, parlez-en à votre partenaire, expliquez-lui ce qui vous manque. Dans le même sens, si c’est vous qui recevez ce type de remarques de la part de votre partenaire, montrez-vous à l’écoute et faites preuve d’empathie. Un conseil, tout de même: n’abordez pas ce sujet quand vous êtes tous les deux épuisés.

    “Après bébé, il faut rester prudent sur le timing de certaines conversations!” rappelle Erin Martinez-Gilliard. “Vous n’arriverez pas à grand-chose en entamant ce genre de discussion au milieu de la nuit, quand vous êtes tous les deux fatigués.”

    Souvenez-vous: c’est une situation temporaire

    Quand vous commencerez à saturer des nuits sans sommeil, mais aussi sans rapports sexuels satisfaisants, rappelez-vous qu’il ne s’agit que d’une situation passagère dans votre vie de couple. Vos enfants finiront par grandir, et vous pourrez enfin repasser aux choses sérieuses avec votre chère moitié.

    “Vous devez accepter le changement”, rappelle Adrian Kulp. “Bien sûr, ce n’est pas une partie de plaisir. C’est comme s’il existait une barrière humaine entre vous et votre partenaire. Mais ma femme et moi savons bien que nos enfants ne viendront pas éternellement se glisser dans notre lit!”

    Cet article, publié sur le HuffPost américain, a été traduit par Laurane Tesson pour Fast ForWord.




  • [+212] Le Maghreb, dites-vous?


    La rubrique +212 est un espace de dialogue et d’échange, une fabrique d’idées. Elle rassemble un faisceau de regards sur le Maroc, formulés de l’extérieur vers l’intérieur par des plumes expatriées, exilées, émigrées, nomades, membres de la diaspora marocaine à l’étranger.

    MAGHREB - N’ayant jamais étudié la question, ni de près ni de loin, je me risquerai à quelques intuitions. Une chose est sûre, pour moi le Maghreb se définit d’emblée négativement: par opposition au Machreq. Indépendamment des similitudes arabo-islamiques, on peut identifier et nourrir ce qui nous éloigne de ce foyer problématique: cet Orient-là est devenu le nom de tous les malheurs, de la guerre, de l’échec, voire avec Daech du mal radical.

    La chimère du nationalisme arabe a vécu (à supposer que ce ne soit jamais qu’une idéologie populiste attachée à la figure discutable de Nasser) et “l’islamisme” qui nous vient de cet ailleurs (en particulier de cette Arabie malheureuse qui trucide allègrement ses opposants et affame les enfants du Yémen) est antinomique de toute espèce d’émancipation. Ce n’est pas qu’une prise de distance tactique, nous sommes culturellement différents. 

    Nous, le Maghreb des peuples donc - avec notre géographie destinale face à l’Europe, notre berbérité et notre diversité religieuse, nos luttes en partage sous la colonie, l’élément de la francophonie, et par-dessus tout notre jeunesse: ce qui nous rapproche c’est toute cette population dont on ne reconnait jamais le fait majoritaire. Cette réalité irrécusable et ignorée du nombre et de la vitalité propres aux jeunes devrait inspirer le politique autrement.

    Qu’est-ce qu’avoir 20 ans et de n’être gouverné que par de vieux despotes à la maison comme au dehors, de crever d’ennui, d’affronter le harg, la détestation des petits blancs, la misère? “De l’air, du possible!” comme disait l’autre. Ce n’est rien moins qu’une catégorie ontologique que les jeunes envient à l’Europe. Pourquoi la jeunesse ne s’essaierait-elle pas à vivre son temps autrement que de manière virtuelle dans le désordre d’internet? Pourquoi à la suite du poisson-pilote tunisien, ne sortirait-elle pas du tunnel gérontocratique algérien et des féodalités marocaines et ne se donnerait-elle pas un projet contemporain? Pourquoi faudrait-il qu’elle gratte la blessure narcissique, captive du piège identitaire que lui ont tendu les islamistes? Envisager donc un espace élargi où circuler, échanger et surtout se plaire (à la fois s’aimer et trouver plaisir).

    Le Maghreb c’est aussi la paix. Sortir de cette guerre des sables qui saigne aux frontières, pompe les énergies et les ressources et altère le principe humaniste sur lequel cette région devrait se fonder. L’Europe s’est construite dans le refus de la guerre, le Maghreb devra aussi s’édifier dans la non-violence s’il veut se constituer comme puissance régionale face aux périls de ce siècle. Cela implique un Maghreb de l’évènement, non un Maghreb de la règle: une formule plus flexible et moins procédurale et institutionnelle que celle de l’Union européenne. Du reste un “Maghreb de la culture” existe déjà. On le vérifie chaque jour en France: Paris est aujourd’hui la capitale de cet implicite en devenir, pluriel et ouvert à l’autre, susceptible de nous sortir de la régression viriliste dans laquelle on baigne depuis quelques décennies.

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  • Le festival français "Des livres, des stars" présentera sa nouvelle édition à Marrakech


    MAROC - Le festival français “Des livres, des stars” revient pour sa 5ème édition mais cette fois, il s’installe sur un autre continent. 30 personnalités françaises et marocaines sont attendues du 4 au 7 avril prochain dans la ville ocre (le lieu exact n’a pas encore été communiqué). 

    Cet événement a “vocation à créer un lieu d’échanges et de rencontres privilégiées permettant d’approcher, en toute simplicité, des auteurs célèbres, de grands éditeurs, et bien sûr, les livres”, expliquaient les organisateurs lors de l’édition 2017. 

    Cette année, sous la houlette du président d’honneur, le présentateur français Michel Drucker et des parrains Iris Mittenaere (ancienne miss France) et Ouadih Dada (rédacteur en chef de 2M),les festivaliers pourront gratuitement rencontrer les “stars” marocaines et françaises. Côté marocain, Mahi Binebine, Mohamed Maradji, Faouzi Bensaidi, Ahmed Ghayat, Fnaire, Said Taghmaoui ou encore Nabyla Maan sont annoncés. Côté français, on pourra retrouver Stéphane Plaza, Patrick Poivre d’Arvor, Gérard Darmon, Willy Rovelli et même Gilbert Montagné.

    Leurs écrits seront mis en avant autour de conférences, débats, séances de dédicaces, lectures publiques “mais aussi de concerts qui ponctueront chaque soir le festival”, précise le communiqué de presse.

     

    Ce n’est pas la première fois que le festival s’intéresse au Maroc. En 2017, le royaume était l’invité d’honneur de l’événement qui se déroulait à Marseille. A l’époque, Françoise Smadja, organisatrice du festival, expliquait à notre rédaction que les deux pays “ont un véritable lien”. A cette époque, elle nous avait déjà fait part de son souhait de venir au Maroc. “J’aimerais vraiment organiser le festival au Maroc, peut-être l’année prochaine, ‘inchallah’”, disait-elle. 

    Aujourd’hui, c’est “chose faite”. “Ce sera aussi l’occasion de célébrer les liens d’amitié qui unissent la France au Maroc et de partager leurs valeurs communes”, a ajouté le directeur des opérations Chaib Salih dans le communiqué. 

    Pour répondre aux personnes déçues de ne pas retrouver le festival en France, les organisateurs ont par ailleurs souligné sur les réseaux sociaux que cette décision n’est que temporaire, assurant que le “festival reviendra en France” et qu’ils sont aujourd’hui “très heureux de pouvoir offrir aux Marocains et aux Français résidents là-bas cette édition 2019 haute en couleur”.


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