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Vendredi 15 Juin 2018
à 20:24
Culture
Le sursaut de dignité des Berbères romanisés ou les relations ambivalentes avec l’empire romain

Le sursaut de dignité des Berbères romanisés ou les relations ambivalentes avec l'empire romain


Le sursaut de dignité des Berbères romanisés, leurs rapports ambivalents avec Rome, d'un côté, et les tribus insoumises des montagnes, de l'autre, le goût du pouvoir et les intrigues autour de celui-ci, c'est ce qui caractérise le roman historique de Younès Adli dédié à la famille princière des Nubel, des Berbères romanisés de la région de Thenia qui régnaient au IVe siècle de l'ère chrétienne sur quelques provinces de l'empire romain d'Afrique, gouverné par Romanus, comte d'Afrique, sous le règne de Valentinien 1er.
Tout allait bien entre les Nubel et les Romains jusqu'à ce que le comte d'Afrique eut l'idée de substituer son propre frère à Flavius Nubel, vieillissant. Les premiers contrôlant pour le compte des seconds, toutes les plaines en contre-bas du Djurdjura, la vallée de la Soummam, l'Ouarsenis et le Dahra mais pas les montagnes toujours rebelles à l'occupation étrangère. Rome leur concédait une partie des pouvoirs locaux contre son approvisionnement régulier et suffisant en blé et huile d'olive. Ils devaient également repousser, en collaboration avec les vétérans de l'empire installés en Afrique césarienne, les incessants assauts «des peuples des montagnes ». A l'instar des caïd, des bachagha, des gros propriétaires et fortunés de l'occupation française, les Nubel entretenaient des relations ambivalentes avec les occupants et avec les autochtones. Ils sont à la fois associés et concurrents avec les deux parties en conflit permanent. Leur place dans la hiérarchie sociale et leurs prérogatives constituaient à la fois le lien et le point de rupture avec l'empire romain selon l'indulgence ou l'hostilité de ce dernier. Projetées par le machiavélique comte d'Afrique, la destitution de Flavius Nubel et la neutralisation de ses enfants qu'il pensait obtenir en jouant les uns contre les autres heurteront la dignité de ses héritiers, de Firmus et Cyria, en premier lieu, et déclencheront une série d'évènements violents déstabilisateurs de l'empire romain d'Afrique. Ce fut l'occasion pour Firmus et Cyria de mettre en pratique leur sympathie envers les tribus berbères demeurées hostiles à l'occupant, de fédérer leurs forces pour porter la guerre sur les territoires directement gouvernés par le comte d'Afrique, dictateur honni par ses sujets. La fuite de Romanus, chassé des villes sous sa tutelle directe, scandalise l'empereur Valentinien 1er qui décide l'envoi de 5 000 hommes commandés par le meilleur général romain, Flavius Théodosius, pour rétablir l'ordre impérial en Afrique. Sous le commandement de ce dernier, les intrigues et la corruption s'accélèrent pour disperser les forces rebelles réunies autour de Firmus et de sa sœur Cyria. Les batailles, les victoires et les défaites se succèdent au rythme des stratégies mises en place, des forces en présence et des trahisons suscitées par l'avarice et le règlement de comptes. On ignore quelle est la part de vérité historique et quelle est celle de la fiction dans ce romain des Editions franco-berbères mais l'auteur fait vivre à ses lecteurs un des épisodes dramatiques de la lutte armée des Berbères contre l'empire romain d'Afrique. Le lecteur pénètre dans l'intimité des Nubel au palais de Soumaâ, fait le tour des tribus hostiles à la présence romaine, prend connaissance de leurs forces respectives et de leurs motivations. L'auteur a, par ailleurs, passé en revue les rôles des 5 frères Nubel et de leur sœur Cyria dans la conduite de la guerre contre les Romains ou avec ces derniers. La similitude des stratégies romaines et française saute aux yeux du lecteur un tant soit peu informé sur les insurrections qui ont jalonné l'occupation française et la guerre de libération nationale. Ce livre est captivant, d'une lecture facile, on peut le parcourir d'un seul trait de la première à la dernière page, le lecteur est pris aux triples à partir de la 30e page.
B. T.


Source de cet article : http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/01/03/article.php?sid=93613&cid=16

 
Tamanrasset - Réhabilitation de sites archéologiques et historiques

Tamanrasset - Réhabilitation de sites archéologiques et historiques

Un programme de réhabilitation de plusieurs sites et monuments archéologiques et historiques a été retenu ces dernières années dans la wilaya de Tamanrasset, selon la direction de la culture. Des programmes de réhabilitation ont été retenus en faveur de la Casbah Badjouda à In Salah (750 km au nord de Tamanrasset), du site de Sourou Ag Amestan (ksar de l'Aménokale des Touareg), de la casbah de Tit (45 km de Tamanrasset), et du site de Tin Hinan dans la région de Abalessa, selon un rapport de la direction précitée. Le site le plus connu, celui de la princesse Tin Hinan, est une résidence datant du IVe siècle de l'ère chrétienne, construite avec des remparts d'un mètre de largeur, que la princesse avait utilisée comme retraite contre les conflits et qui est située dans la région d'Abalessa, à quelque 100 km au sud de Tamanrasset, selon les explications du directeur de la culture, M.Farid Begbagui, archéologue de formation. La princesse fut enterrée dans sa chambre, avec ses bijoux, avant que les archéologues français ne déterrent sa dépouille. Actuellement, sa sépulture est exposée au Musée du Bardo à Alger. Sur avis de la direction locale de la culture, un chemin pédestre de 300 mètres ouvrant sur la résidence de la princesse Tin Hinan a été aménagé ainsi qu'un poste de contrôle. L'opération concernant la restauration du site Souro Moussa Ag Amestan à Tamanrasset sera lancée en mars 2010. D'autres opérations ont été choisies et ont concerné des sites historiques, pour avoir été le théâtre de faits de lutte contre la colonisation, dont la casbah de In Salah et celle de Tit (45 km de Tamanrasset), affirme M.Begbagui. Cette opération, en attendant de s'atteler à la restauration d'autres monuments historiques, entre dans le cadre de la mise en valeur du patrimoine national, selon le directeur de la culture.

R.C

L'Expression - 07/01/10

 
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