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DJEHA ET LA JUSTICE N° : 22

Un don du ciel



- J'ai besoin d'argent ! Dit Djeha en adressant une prière à Allah. J'ai besoin de mille livres.
Hassan Bey, le riche marchand dont la cour était contiguë à celle de Djeha, regardait du haut de sa
fenêtre. Il pouvait voir Djeha à genoux sur un tapis de prière défraîchi, et murmurant inlassablement sa prière.
- Oh Allah ! J'ai besoin d'argent – de beaucoup d'argent. J'ai besoin de mille livres. Huit cents livres ne seraient pas suffisants, ni neuf cents, ni même neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. Je dois avoir exactement mille livres. Je ne pourrais pas accepter une somme inférieure. Oh Allah ! Envoyez-moi mille livres – le plus tôt possible.
Hassan Bey, écoutant depuis sa fenêtre ouverte, a souri comme il aurait souri à un enfant priant pour un
morceau de loukoum. Il a souri à l'idée de cette étrange prière de Djeha. - Il est temps, se dit-il, d'apprendre au vieux Djeha de ne pas prier sans l’aide d’Allah pour que ses prières se réalisent.
Il riait encore alors qu'un plan s'échafaudait dans son esprit. Quittant son poste d'observation, Hassan Bey retourna hâtivement à l'intérieur de sa chambre, où était caché son argent. Il compta et recompta neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres, mit l'argent dans un sac, l'attacha solidement et retourna silencieusement à la fenêtre ouverte. Il jeta le sac d'argent qui atterrit sur les pavés de la cour de Djeha. Sans attendre de remercier Allah, Djeha commença à compter l'argent. Il le compta à plusieurs reprises. La pile ne contenait que neuf cent quatre-vingt-dix-neuf pièces. Hassan Bey et sa femme,
regardant par le treillage de la fenêtre, sans être vus, se retenaient pour ne pas rire.
- Laissons-le compter encore une fois, chuchota Hassan Bey à sa femme. Alors je lui expliquerai la
plaisanterie. Il rira aussi franchement que nous.

Mais Hassan Bey avait trop attendu. Djeha n'a pas compté les pièces de nouveau. Au lieu de cela, il les a remises dans le sac qu'il a lié solidement et l'a mis dans sa large ceinture. Alors il s'est mis à genoux sur le tapis de prière.
- Oh Allah ! Pria Djeha. Vous n'avez pas correctement compté les livres. Vous me devez encore une livre.
Envoyez-la-moi à votre convenance. Et mille remerciements pour les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf
livres que vous m'avez envoyées.

Si ce n'était le treillage, Hassan Bey aurait sauté par la fenêtre sans se donner la peine de prendre l'escalier. En peu de temps, il fut à la porte de Djeha.
- Rends-moi ma bourse - Rends-moi mes neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres !
- Votre bourse ? Vos neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres ?
- Oui, Je les ai jetées par la fenêtre, juste pour te faire une plaisanterie. Tu as dit que tu n'acceptais pas moins de mille livres.
- Non ! La bourse était un cadeau de Dieu. Elle est tombée directement du ciel en réponse à ma prière.
- Je te traînerai en justice, dit Hassan Bey. Nous verrons si elle est tombée du ciel ou de ma fenêtre !
Djeha acquiesça.
- Mon burnous ! Dit Djeha. Kalima était en train de le raccommoder. Je ne peux pas aller devant les
tribunaux sans mon burnous.
- Je te prêterai un burnous, dit Hassan Bey.
- Et mon âne ! Il boite et ne peut faire une si longue distance
- Je te prêterai un cheval, dit Hassan.
- Mais, il me faut une selle et une bride ! Celles de mon petit âne n'iront jamais sur votre grand cheval.
- Je te prêterai une selle et une bride.
Djeha a roulé son tapis de prière et l'a rangé. Il a dit au revoir à sa femme et a suivi Hassan Bey. En parvenant à la cour, Hassan Bey n'a pas perdu de temps pour relater son affaire au juge.
- Bien, Djeha, dit le juge, Avez-vous quelque chose à dire ?
- Pauvre Hassan Bey, soupira Djeha, avec une voix pleine de compassion. Comme c'est triste ! Comme c'est
très triste ! C'était un si bon voisin et si respecté par tous ! Quand on pense qu'il a perdu la raison !
- Que voulez-vous dire ? Dit le juge
Djeha s'est rapproché du juge et a lui chuchoté d'une voix que l'on pouvait entendre partout dans la pièce :
- Il pense que tout lui appartient. Vous avez entendu son histoire à propos de mon argent. Demandez-lui
quelque chose d'autre et il vous dira que c'est à lui.
Demandez-lui, par exemple, à qui est le burnous que j'ai sur le dos.
- C'est mon burnous, bien sûr, a hurlé le marchand,
Djeha sait que c'est le mien.
Djeha a secoué sa tête tristement.
- Essayez quelque chose d'autre, et demandez-lui, par exemple, à qui est la selle qui est sur mon cheval gris.
- C'est ma selle, bien sûr et c'est ma bride aussi, cria Hassan Bey. Djeha le sait
- Vous voyez comment il est, dit Djeha avec un soupir de pitié. Pauvre homme ! Il est si fou qu'il pourrait même revendiquer mon cheval gris.
- Bien sûr je revendique le cheval, cria le marchand.
- C'est un cas étrange - un cas triste, dit le juge pensivement.
Il n'était pas facile de condamner l'homme le plus riche de tout AkShehir.
- J'ai cru Hassan Bey quand il m'a dit avoir jeté une bourse pleine d'argent à Djeha. Maintenant, je vois les choses différemment. Quand il revendique la possession du cheval de Djeha, de son burnous, de la selle et de la bride, il montre que son esprit est dérangé.