Les sept portes mythiques d’El Djazaïr
La médina bien protégée, blanche cité des bords de mer, rebelle et indomptable, est ceinturée par sept portes gardiennes de ses trésors, de ses femmes, de ses enfants et de ses hommes venus de tous les coins du vaste pays des hommes libres. El Bibane d’El Djazair, ces portes veillent sur la cité de minuit à l’aurore, pour la sécuriser et adoucir ses rêves. Ya Bahdjati ! Bab Azzoun, la porte de la victoire qui tint tête à Charles Quint, l’empereur des chrétiens, et signa sa débâcle en lettres de feu. Bab El Oued, baptisée ainsi pour l’oued de Bouzaréah, qui, depuis des temps immémoriaux, vient épancher son cours dans ce quartier populaire. Autrefois porte de la mort, donnant sur les cimetières, elle devint le faubourg des gens vaillants au cœur intrépide.
Bab El B’har, la porte de la mer et du soleil levant, ouvrant sur l’immensité marine et accueillant bateaux et caravelles chargées de marchandises venues des quatre coins du monde. Bab El Dzira, la porte de l’île, seuil de la terre, a alimenté toutes les fables et récits fantastiques sur sa côte sauvage et impénétrable. Dans les dédales embaumés de musc et de benjoin, lors d’une veille de vendredi, le conteur frappa de la paume de sa main droite le pan d’une muraille. Un coffre en bois de cèdre apparut, offrant sept clés d’argent et d’émail. Il déclama, comme un poème : « Bab El Kettar veillant sur les âmes et les gisants, et Bab El Djdid, la porte Neuve, porte-bonheur, ainsi que Bab El Casbah. Seuls demeurent les noms mythiques de ces portes sentinelles, protégeant la légende d’Alger la lumineuse.